mercredi 30 juin 2010

Recyclage créatif

Par Elodie

Je n’ai pas pu m’empêcher de m’arrêter devant ce formidable panneau d’indication, lors d’une balade sur la route de Qartaba dans le caza de Jbeil. Personnellement, j’aurais ajouté juste un peu de couleur, mais là je dois avouer : côté recyclage créatif, ils sont trop forts !


Dommage que je n’aie pas un stock de pots d’échappement aussi conséquent que ma collection de bonbonnes d’eau

lundi 28 juin 2010

Où sont passés les Beyrouthins ?

Par Elodie

Avec l’été, les touristes ont commencé à affluer : on ne compte plus les voitures de sport et les gros 4x4 dotés de plaques vertes (signe distinctif des voitures de location au Liban) ou immatriculés dans les Emirats. Une année record pour le tourisme est annoncée, ce qui va signifier pour les Beyrouthins une montée en flèche des prix et des embouteillages monstres pour les deux mois à venir.
L’école étant terminée pour les enfants, beaucoup ont déjà pris leurs jambes à leur cou : le week-end en particulier les quartiers résidentiels de Beyrouth sont désertés ! Mais où sont-ils donc passés ?


La réponse est simple : sur la route de Jounieh ! L’autoroute du nord, qui mène vers les plages et la montagne, est très fréquentée toute l’année mais elle est passée en mode été. Des heures à attendre dans la chaleur pour passer les quelques kilomètres critiques si on s’y retrouve à la mauvaise heure, c’est-à-dire à partir de 10h du matin.


En même temps l'avantage, c'est qu'on trouve tout sur l'autoroute au Liban. Vous avez faim ? Pas de souci, le vendeur de kaak est là... et il a même pensé à prendre un stock de barbe à papa !


Maalech’ (*), de toute façon on n’a qu’à rouler la porte ouverte avec la radio à fond : c’est tellement pratique pour draguer les filles !


(*)En français : c'est pas grave...

jeudi 24 juin 2010

Surprise matinale

Par Elodie

C’est une petite bête qui monte, qui monte, qui monte… Et cela s’appelle un thermomètre ! Depuis quelques semaines, nous avons redécouvert ce que signifie l’arrivée de l’été ici. 7h du matin : 30°C. 9h : 32°. 11h : 34°C. 13h : … Non, j’y arrive plus : à ce stade c’est la sieste obligatoire.

Hier matin pourtant l’ambiance était différente, les oiseaux chantaient. Comme s’ils avaient oublié qu’il vaut mieux s’économise avant d’être encore écrasé par la chaleur. La surprise ! Cela n’a duré que quelques minutes, mais il a plu. C’est beau le goudron mouillé… Juste le temps de le voir et tout s’évapore, comme si de rien n’était.

Cela pourrait paraître banal, mais le fait est exceptionnel au Liban à cette saison. Les précipitations moyennes sont quasiment nulles en juin, juillet, août et reprennent à peine en septembre. C’est donc le monde à l’envers, ou plutôt les nuages là où ils ne devraient pas être.

C’est drôle, je venais justement de terminer un roman sympathique de Stéphane Audeguy, intitulé La théorie des nuages. A conseiller à ceux qui seraient en manque de nuages, à ceux qui n’en peuvent plus d’en voir trop, ou à tous ceux qui auraient envie de les voir autrement. Et à tous ceux qui aiment le roman tout court, puisqu’il faut bien avouer que cela ne parle pas que des nuages.

Je me suis demandé un moment si à force d’y penser, je n’ai pas imaginé ces nuages et ces quelques gouttes d’eau. Un peu comme un mirage d’oasis au milieu du désert. Ce matin, je n’en croyais toujours pas mes oreilles : il a plu à nouveau ! Et voilà que les nuages venaient en plus nous donner un peu de fraîcheur. Cette fois-ci, je n’ai pas rêvé. 28°C, le grand bonheur.

J’ai sauté sur le site de la météo pour voir si cette révolution climatique allait perdurer, mais il ne faudrait pas trop rêver. Le niveau de précipitations annoncé reste désespérément scotché au zéro pour les jours à venir. Heureusement, le meilleur ami de l'homme par cette saison s'appelle le ventilateur.

mercredi 16 juin 2010

Allo ? Couic !

Par Elodie

Un vent de révolte souffle sur la blogosphère libanaise et les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. Non, nous ne manquons pas de pain. Non, les boîtes de nuit n’ont pas été fermées. Non, les retransmissions (obtenues au passage grâce à une somme faramineuse, de 800 000 $, déboursée par le gouvernement libanais) des matchs de foot de la coupe du monde n’ont pas été interrompues.

Que diable leur prend-il, me direz-vous ? Le gouvernement libanais a adopté récemment une nouvelle loi interdisant l’utilisation de la VoIP. En clair, plus question d’utiliser Skype et ses équivalents, qui permettent de contourner les prix exorbitants des opérateurs téléphoniques locaux.

Alors, on oublie le classique : « Allo maman ? Tu pourrais me donner ta recette-magique-secrète-inégalable de lasagnes s’il te plaît ? Oui, c’est urgent, mes amies arrivent dans 1h et j’ai rien commencé… »

Il faut préciser que ceci n’est pas une fiction. (N’est-ce-pas Miss V. ?) La diaspora libanaise étant très importante, de nombreuses familles sont dispersées entre le Liban, la France, l’Amérique du Nord, l’Australie, etc.
Mais au fait, les règles ne sont-elles pas, ici, faites justement pour être contournées ?

Pour une fois, c’est devenu mission quasi impossible : un logiciel de filtrage a été activé et bloque automatiquement les utilisateurs en leur envoyant un message du ministère des télécommunications. Heureusement, il suffit d’avoir un compte enregistré dans un autre pays, par exemple en France, pour y échapper. Il semblerait en effet que le ciblage par adresse IP (ce code qui indique l’endroit d’où vous vous connectez) dudit logiciel ne soit pas extrêmement précis. Ouf, pas besoin - pour l’instant - de recourir au pigeon voyageur !

vendredi 4 juin 2010

Sur les routes libanaises

Par Elodie

Conduire sur les routes libanaises est une aventure. Un seul billet ne saurait d’ailleurs épuiser ce sujet sans fin. Il suffit de faire un petit tour sur Youtube, pour être saisi de frayeur, pleurer de rage, ou exploser de rire, selon votre humeur et votre vision du problème.

Allez, pour le plaisir, c’est un peu gnangnan je vous le concède, mais tellement vrai !



Je vous assure, il y en a que ça fait marrer.



Je croyais m’être habituée, avoir tout vu en quelques sortes. J’ai en effet appris à ne plus ciller lorsque nous sommes doublés sur la droite, lorsqu’on se rabat ensuite sur nous sans clignotant, lorsqu’on croise une voiture en contresens sur une bretelle d’accès d’autoroute, et bien sûr à répondre aux coups de klaxon par un simple lever de sourcil. Il faut avouer que les Libanais vouent un véritable (z)amour (c’est justement comme ça que ça s’appelle en arabe) à leurs klaxons.



Pourtant, je n’avais encore jamais vu… un cycliste - en tenue de compét - sur l’autoroute. Entre les voitures, les piétons et les vendeurs de bananes, installés comme d’habitude sur la bande d’arrêt d’urgence.



Et pour vous faire sourire, une image plus amusante, également prise sur l’autoroute de la côte le weekend dernier. Oui, on peut prendre l’autoroute en scooter sans abîmer son brushing et sa tenue : il suffit de ne pas mettre de casque (qui porte ces horreurs de toute façon ?), et de chevaucher la bête en amazone derrière son prince.

mercredi 2 juin 2010

La question taboue

Par Elodie

Depuis quelques semaines, on peut voir le long des routes libanaises des affiches qui ne montrent pas une sirène en maillot de bain, mais deux femmes ne faisant qu’une. Il s’agit de la deuxième campagne de sensibilisation aux droits des travailleuses immigrées, en clair des bonnes, lancée par Caritas Liban.
L’affiche et le spot télévisé, qui se veulent choquants, détaillent les conditions de travail de ces employées de maison (« elle travaille 16 heures par jour, n’est pas payée toutes les fins de mois, travaille 7 jours sur 7, est parfois battue et travaille même lorsqu’elle est souffrante »), face à celles de femmes libanaises. La comparaison aboutissant à une question : «Accepteriez-vous ces conditions pour une travailleuse libanaise?»



La campagne est osée car le sujet est quasiment inabordable, même avec des amis proches ou des voisins libanais, à moins d'avoir envie de faire tourner une soirée au pugilat verbal. En témoignent les groupes créés sur Facebook sur cette question.

Originaires d’Asie (Philippines, Sri Lanka, etc.) ou d’Afrique (Ethiopie notamment), ces employées de maison seraient au nombre de 200 000 au Liban, selon Human Rights Watch qui dénonce régulièrement leurs conditions de travail. Le débat – cette question est très sensible ici - a été soulevé de longue date, en particulier par un documentaire réalisé par Dominique Torrès et diffusé sur France 2 en 2007, qui avait généré une véritable polémique.

La situation serait-elle en train de bouger, au moins un tout petit peu ? Le ministre du Travail libanais a annoncé hier la création d'un bureau de plaintes (avec un numéro vert et des formulaires qui une fois remplis devront être renvoyés par la poste) et la publication d'un guide d'orientation, traduit en 14 langues, destiné aux employés de maison étrangers.

En attendant, on continue à voir les bonnes briquer tous les matins (à l'heure du petit déjeuner, vers 7h) les rambardes des balcons des immeubles voisins. Du reste de leur vie quotidienne, nous ne saurons rien. Si ce n'est ce que montrent les plans des appartements de luxe où l’emplacement des chambres de bonnes est presque toujours similaire : quelques mètres carrés, souvent sans fenêtre, entre la cuisine et la buanderie.

mardi 1 juin 2010

L’odeur de l’été

Par Elodie

Plus de doute, nous voici plongés dans l’été. Le thermomètre flirte quotidiennement avec la barre des 30°, mais ce n’est pourtant pas cela qui m’en a convaincue. Il faut avouer que la météo est devenue tout à fait inutile depuis quelques semaines. Les parapluies peuvent de toute façon être remisés au fond des placards : nous n’aurons sans doute plus aucune pluie avant le mois de septembre, ou même d’octobre.

C’est avec l’odeur forte, sensuelle, presque écœurante des fleurs de gardénia que j’ai réalisé que l’été s’était installé. Enfilées comme des perles sur des bouts de ficelle, elles sont vendues en colliers pour une poignée de livres libanaises par des marchands ambulants, aux carrefours ou dans les rues. Les automobilistes, en particulier les chauffeurs de taxi, les accrochent au rétroviseur intérieur de leur voiture. Parfois même, les chauffeurs les gardent à la main, pour saisir à chaque ralentissement l’occasion de s’enivrer de l’odeur forte exhalée par les fleurs.



En arrivant au Liban, j’avais lu dans un ouvrage de Nadia Khouri-Dagher, une description émouvante de cette odeur. C’était l’hiver, je n’y avais pas prêté attention. L’odeur du gardénia, j’ai eu depuis le temps de m’en rendre compte, est bien celle de Beyrouth l’été. Il fait chaud, les automobilistes ont perdu le peu de patience qui leur restait, ils font rugir moteur et klaxons. La ville écrasée sent le mazout, mais les chauffeurs sont protégés. Le nez dans les fleurs, ils regardent les jolies filles. Hum, ça sent l’été !