mercredi 8 avril 2009

Happening à sens unique

Par Julien

C’est parfois en marchant qu’on apprend comment ça marche. De quoi parle-t-il, encore, avec sa formule, vous dîtes-vous ? De ce qui se pratique, de ce qui se fait, de ce qui se passe, par ici, quand on se promène dans la rue. C’est vrai : après tout, comment rit-on, sous ces latitudes ? Comment se moque-t-on, sous ce ciel bleu ? Ou est l’esprit de sérieux, mam’zelle? Comment départage-t-on l’esprit de finesse et l’esprit de géométrie ?

Partons d’une scène observée aujourd’hui même. Je rentre ce midi. Il fait beau, vent léger, à peine de quoi s’inquiéter sur le cours des choses, puisque les choses vont et viennent, et c’est ainsi, et c’est comme ça. Dans une rue à sens unique, claquemurée entre de grands immeubles en pierre ocre, une camionnette s’extrait difficilement des voitures alentour. Elle vient de livrer, sans doute, ces bonbonnes d’eau de dix litres que son ventre ouvert laisse apparaître.

A peine sortie de son placard, une petite 206 se plante nez à nez devant la camionnette. Au volant du bolide, une femme, la quarantaine chic et active, cheveux tirés en arrière, les ongles impeccables sur un volant droit et déterminé. Je comprends tout de suite : elle ne bougera pas. Elle rit et, derrière son pare-brise, fait sentir que c’est à elle de passer.

Dans la cabine du camion, trois sympathiques molosses, bien poilus, bien ronds. Ils sont stoïques. Ne bougent pas non plus. Dialogue de sourds. Des bagnoles commencent à débouler. Polyphonie des klaxons. Le camion ne peut pas manœuvrer. Mais la 206 ne veut pas reculer. Elle coupe son moteur. Les trois livreurs se marrent. Ils éteignent le moteur, et sortent des « manouché » - des sandwichs coupe-faim, que les gamins grignotent habituellement comme un pain au chocolat. Ils se mettent à bouffer, tranquillement. Tout le monde rigole, la rue s’arrête.

Une minute plus tard, la 206 a fini par redémarrer. Lentement, la circulation s'est désengorgée. Les klaxons ont fêté ça, croyez-moi, bruyamment. Comme si l'antienne du moment était, non pas "ça s'arrose" comme on dit parfois après un heureux événement, mais plutôt "ça se pouète, les gars !" Beau fragment de poésie urbaine, n'est-ce pas ?

mardi 7 avril 2009

Gâteau au fromage

Par Elodie

Qui a dit qu’il était impossible de faire un gâteau avec du fromage ? Il est parfois utile de confondre des ingrédients… Faute de yaourt, voici la recette - inventée par une cuisinière tête en l’air - d’un gâteau au labné, sorte de version rénovée du traditionnel gâteau au yaourt.

Pour des convives très gourmands :

1 mug de labné

1 mug de laban (yaourt blanc)

2 mugs de farine

2 mugs de maïzena

2 mugs de sucre

1 mug d’huile

6 œufs

2 jus de citrons

Zeste des citrons râpés

1 sachet de levure chimique

Vanille

(Pour les gourmands raisonnables, diviser les quantités par 2.)

Mélanger le labné et le yaourt dans un grand saladier. Ajouter ensuite la farine, la maïzena et la levure, puis les œufs, l’huile, le jus de citron et les arômes (zestes et vanille). Faire rugir quelques minutes votre bâton mixeur magique jusqu’à obtention d’une pâte bien lisse et verser dans plat beurré.

Pour les perfectionnistes : ajouter un peu de sucre vanillé et de jus de citron sur le dessus pour que ça caramélise.

Cuire à four moyen pendant au moins 30 minutes.

Chou ? Vous n’avez pas de labné ?

Ben… Je sais pas moi ! Vous n’avez qu’à venir le chercher au Liban ou expérimenter cette recette avec du mascarpone ou un autre ingrédient du même genre.

Allez, à vos spatules et vive le fromage !

dimanche 5 avril 2009

T'as pas vu le khamsin ?






Par Elodie

Nous l’attendions, impatiemment, depuis des semaines… Le voilà enfin, le vent venu du désert syrien qui marque la fin de l’hiver beyrouthin. Nous scrutions le ciel et pourtant nous ne l’avons pas reconnu tout de suite, le khamsin (Ndlr : prononcer « RrHamsin » pour ceux qui y parviennent). Plus de pluie, une poussière blanche dans l’air qui rend la lumière laiteuse : pas de doute, c’est bien lui. Comme cela nous a soulagés… Mais, il ne faut pas trop de bonnes nouvelles d’un coup. La pluie s’est arrêtée, mais les chutes du Niagara continuent quant à elles à rugir dans notre appartement ! Ils sont vraiment très forts ici, même sans eau ils gardent leurs spa naturels en activité. En attendant, on éponge et on vous laisse découvrir la lumière du khamsin et le parc des pins.