samedi 13 juin 2009
samedi 6 juin 2009
La frangipane, ça pousse dans les arbres ?
Par Elodie
Il y a des jours où on se demande pourquoi on s’est levé : on rencontre « Georges » et tous ses amis, on souffre de problèmes informatiques (Que sommes-nous désormais sans Word ou sans Internet ?), de coupures de courant qui ne respectent pas les plannings, de retards de paiement, d’interlocuteurs désagréables, etc. Et il y en a d’autres, heureusement, qui bondissent de surprise en surprise.
Hier par exemple, j’ai récolté deux chèques et découvert comment ici au Liban, on peut même encaisser ceux d’une tierce personne. Une erreur sur le nom indiqué sur votre chèque ? Ohlala, il va falloir attendre encore des semaines pour qu’ils le refassent sans se tromper… Mais non, habibi, ma fi machklé : pas de problème. Une simple petite signature et c’est arrangé. Je suis restée ébahie devant ma banquière qui n’a pas bronché, tout juste demandé si c’était bien « mon amie » qui avait signé. Autre chose, Madame ? Heu, non…
Légère et joyeuse, j’ai descendu la colline en moins de deux pour rentrer à la maison, où m’attendait en fait une autre surprise. Une fée, il y en a plusieurs dans notre voisinage, m’avait déniché un arbre abandonné pour habiller notre petit balcon. Mais pas n’importe quel arbre : un beau frangipanier, déjà plus grand que moi. En hiver, ils ressemblent à des arbres quasi préhistoriques avec leurs petits troncs dénudés, mais la chaleur estivale fait éclater de grosses feuilles parsemées de fleurs parfumées.
Mazbout ! Très bien, mais… Comment je fais pour le porter jusqu’au cinquième étage ? Ma fi machklé, habibi : l’ancien propriétaire de l’arbre, qui avait souhaité changer de décor, me l’a monté tandis que la fée me ramenait un énorme pot et de la terre pour installer notre nouveau locataire. Notre bel oranger et son cousin le pamplemoussier ont désormais un grand frère qui se dresse fièrement sur le balcon. Certains se diront peut-être que j’aurais dû jouer au loto. Ils ont peut-être raison, mais tout cela ne répond pas à la question que vous vous posez tous : le frangipanier, c’est l’arbre qui donne la frangipane ?
Vrai faux sfouf... au citron !
Voici un gâteau qui d’emblée nous a fait pouffer de rire : le sfouf ! Le quoi ? Le sfouf est un gâteau libanais légèrement croustillant, il est fait à partir d’un mélange de semoule de blé fine et de farine classique, qui se pare d’une belle couleur jaune grâce au curcuma. Hum, ça a l’air terriblement bon… Sfouf alors ! C’est à l’anis et j’aime pas ça.
Ma fi machklé (pas de problème), j’ai plus d’un tour dans mon sac et je ne vais pas me décourager pour ça. Après quelques expériences, j’ai abouti à cette recette de vrai faux sfouf au citron : la même texture que son cousin à l’anis, avec une saveur agréablement acidulée. Au goûter, au petit-déjeuner, au dessert… Sfouf alors, yen a déjà plus !
Préparation : 15 minutes
Repos de la pâte : 1h
Cuisson : 20 min
Pour 6 personnes :
300 g de semoule de blé fine
250 g de farine
300 g de sucre en poudre
20 cl de lait
50 g de beurre à température ambiante
10 cl d’huile neutre
2 citrons pressés
1 cuillère à café de curcuma
1 cuillère à café de levure chimique
25 g de pignons de pin
1 cuillère à café de téhiné
Mélanger la farine et la semoule avec le beurre et l’huile, ajouter le sucre, le curcuma et la levure, puis ajouter le lait en enfin le jus de citron.
Enduire de téhiné un plat à tarte de 30 cm de diamètre, y étaler la pâte à sfouf, l’aplatir avec la main mouillée pour éviter que la pâte colle.
Parsemer de pignons de pin.
Laisser reposer pendant 1h15 min avant la fin, préchauffer le four à 250 °C (th. 8-9) pendant 15 min.
Enfourner le sfouf et laisser cuire pendant 20 min.
Sortir le plat du four. Le laisser tiédir et couper ensuite des parts en forme de carré ou de losange de 3cm de côté.
Ces gâteaux se conservent une semaine dans une boîte hermétiquement fermée.
Recette adaptée d’un extrait de Cuisine libanaise d’hier et d’aujourd’hui, d’Andrée Maalouf et Karim Haïdar.